Comme une évidence - Roman

      Chaque week-end de ce mois d’août 2016, Charles et Marc effectuent ensemble le trajet entre Lyon et la Tarentaise. Au fil des semaines, une réelle amitié se crée entre eux.
     Marc est atteint d’un cancer foudroyant qu’il cache à ses proches. Juste avant de mourir, il confie à Charles quatre lettres à remettre aux femmes qui ont compté dans sa vie. Charles est dans un « espace de fragilité » psychologique : un divorce récent, un nouveau métier, une nouvelle ville de résidence quand il doit assurer sa mission et remettre les courriers aux intéressées.
Comment va-t-il se laisser séduire par chacune d’elles ?
Quelles échappatoires va-t-il accepter pour se cacher à lui-même ?
     II se découvre tout autre que ce qu’il croyait être !   

 

 

 

Couverture comme une evidence 8

Genèse de ''Comme une évidence''

L’idée de ce roman a germé, il y a déjà de nombreuses années ; je souhaitais écrire le récit des tourments d’un jeune homme, la trentaine, chargé par un inconnu de remettre une lettre post-mortem à ses anciennes maitresses.
     Quand en 2005, le film Broken Flowers est sorti, je me suis senti dépossédé de mon sujet : le héros, en retrouvant ses anciennes amours, me volait les rencontres que j’avais imaginées.

     Lors de la rédaction de ce récit, je gardais la trame initiale de mon projet en réduisant le nombre de femmes impliquées de six à quatre et en vieillissant mon personnage principal.

     Comment finira-t-il par se laisser rejoindre ? Par laquelle ? Pour cette dernière question, je laisse à chacun le soin de choisir sa propre réponse !

 

''Comme une évidence'' - Extraits

Extrait 1

     Je suis resté dans cette maison inconnue, à surveiller les cauchemars de ses occupantes, à ruminer sur les miens, emmitouflé dans une couverture, vautré dans un fauteuil sur la terrasse, à maudire ce jour, cette nuit. J’ai dormi, j’ai été réveillé, j’ai veillé, je me suis rendormi…
       La nuit a été un long mélange d’états seconds mêlant fantasmagories, chimères, hallucinations et visions.

     Je rêvais de Marc caracolant sur une licorne immaculée, de Marc chevauchant Véronique. Je rêvais de Gladys me faisant l’amour frénétiquement ; de Véronique qui la chassait pour prendre sa place ; de Marc qui m’attachait nu derrière sa 404 pour me précipiter dans un ravin ; de Marc qui sautait dans un torrent en furie m’entraînant derrière lui.

     Je me réveillais en sueur, haletant.

     Alors, je me mettais à l’écoute de la maison, craignant d’avoir hurlé dans la nuit mes frayeurs et mes jouissances. Je me faisais honte, mais je savourais mes délires ; je me conspuais pour mes fantasmes. Je me haïssais !

Extrait 2

      Marion s’était relevée vivement pour de nouveau s’affaisser. Marc avait juste eu le temps de lui ouvrir les bras pour qu’elle ne s’écroule pas complètement.
     Il tenait encore Marion contre lui, quand il termina son appel téléphonique :
     - Une urgence ! Je te rappelle ! Puis s’adressant à Marion : ça va ?
     - La cheville ! répondit-elle.
     Marc l’avait fait asseoir sur l’avant-dernière marche et s‘était mis à genoux devant elle, avait enlevé son mocassin et lui avait délicatement palpé le pied.
     - Rien de cassé, une belle entorse. Je fais beaucoup de montagnes et j’en ai vu des chevilles maltraitées. En revanche, elle va bientôt enfler.
     Marc s’était relevé et avait reculé d’un pas ou deux, l’examinant de la tête aux pieds.
     - J’avais l’impression qu’il m’auscultait ou plutôt qu’il m’évaluait comme un maquignon devant une charollaise au marché de Saint-Christophe-en- Brionnais. Son regard était froid, technique, dépouillé de tout affect. C’est ensuite que cela devint surréaliste :
    - Vous habitez où ? Transport en commun ?
    -Je suis en voiture, j’habite rue Duquesne.
    - Vous devriez enlever votre pantalon maintenant, avant que votre cheville n’enfle trop, sinon il faudra le couper pour la faire passer. Votre imper est suffisamment long pour que vous restiez décente. Ensuite, je vous ramènerai chez vous. Vous allez dégrafer votre ceinture et commencer à faire rouler votre jean sur vos jambes.
    Le ton tranquille et plein d’autorité de Marc avait anesthésié Marion, la douleur aussi sans doute. Toujours est-il que quelques secondes plus tard, il s’était placé dans son dos pour la tenir par les épaules.  Elle s’appuyait sur son pied valide pour soulever ses fesses et commencer à ôter le pantalon. Arriver au niveau des genoux, elle s’était rassise brusquement en rabattant vivement sur ses cuisses les pans de son imperméable. Marc était revenu se mettre à genoux devant elle pour terminer de lui enlever le vêtement.
    - C’est quand j’ai vu Marc avec mon jean dans la main, à genoux devant moi, que j’ai pris conscience de l’incongruité de la scène. Je me suis dit : « Mais, il a dû voir ma petite culotte ! ». Et j’ai été prise d’un fou rire dans lequel il m’a bientôt rejointe.

 

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Commentaires

  • Magalie
    • 1. Magalie Le 26/09/2021
    J'ai beaucoup aimé ce roman dans la vérité des sentiments exprimés.
    Merci

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