Bluet Blues - Thriller

Bluet Blues - Thriller - Deuxième aventure de Sidonie de Villetèges, inspectrice des douanes et de Pierre Beauquis, commissaire à la DGSI.

Trafiquants d’armes et caïds de la drogue s’associent pour dispatcher leurs marchandises. 
     Les fleurs de Bleuet que cultive un jeune couple de néo-ruraux, sont utilisées pour doper la drogue. 
     De toutes petites bourgades à travers l’Europe sont victimes d’attentats meurtriers visant en particulier les écoles. 
     En réactions des troubles éclatent déstabilisant les structures politiques. 


Sidonie et Pierre Beauquis vont devoir unir leurs enquêtes pour démêler l’écheveau avant qu’il ne soit trop tard !

 

 

 

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Couverture 2

''Bluet Blues'' - Extraits

Extrait 1

Lundi 22 août 2011
Tripoli

     L’obus de mortier avait atteint son apogée. Il resta une milliseconde en suspension, ne montant ni ne descendant, en état de légèreté absolue, avant que la gravité n’intervienne. Alors qu’il amorçait sa descente, il émit un long sifflement aigu, comme pour protester contre ce rappel à l’ordre de la pesanteur. Mais il était destiné à détruire et à tuer ! Le sifflement devint son cri de guerre, hurlement de plus en plus strident qui s’amplifiait avec l’accélération de sa chute.
     La structure des bâtiments gémit sous l’impact de l’engin contre le sol. Son explosion provoqua la coupure de l’électricité. Une poussière fine de béton désagrégé envahit les tunnels de liaison.
     Quand le réseau de secours eut rétabli une lumière tremblotante, les membres de l’escouade bleue avaient rejoint leurs quartiers à l’est du complexe Bad al-Azizia[1] en passant par les boyaux souterrains de la caserne. Malgré les épaisseurs de terre les qui les isolaient de la surface, le bruit saccadé des rafales de kalachnikovs déchirait l’air. Le sol et les parois geignaient à chaque obus qui frappait le complexe. L’odeur de la poudre était remplacée par celle des poussières de ciment pulvérisé qui envahissaient les galeries à la lumière défaillante.
     L’escouade bleue était l’une des rares unités d’Amazones [2] à être réellement opérationnelle. Elles étaient cinq de grade équivalent, chacune pouvant assurer le commandement en fonction de sa spécialité et du stade opérationnel de l’action en cours.
     Ayana, avec ses trente-cinq ans, était la plus âgée mais aussi la seule à avoir intégré les Amazones volontairement à 22 ans. Elle assurait la coordination générale de la mission et aussi la responsabilité de la navigation. Elle n’avait pas fréquenté pour rien l’école de voile de Quimperlé durant toute son enfance, auprès de sa mère bretonne.
     Dans l’immédiat, c’était Hezzu qui avait la charge de conduire la section jusqu’au port. Sœur d’un mauvais garçon de Tripoli, elle possédait un sens inné de la guérilla urbaine, sans doute une réminiscence de sa jeunesse aux côtés de son frère.
     Tanirt était la fille d’un chef de tribu berbère qui lui avait appris la patience des tireurs d’élite. Ses duels victorieux avec ses homologues masculins étaient célèbres dans toute la forteresse.
     Sirem et Izza étaient particulièrement efficaces pour le combat rapproché, voire le corps à corps. Arts martiaux et manipulation du poignard étaient leurs jeux préférés.

     Hezzu les fit accélérer, les poussant dans un tunnel étroit, non éclairé, qui aboutissait dans la cave d’un immeuble voisin.  Une faible lueur éclairait l’escalier en pierre qui remontait du sous-sol. Plusieurs insurgés occupaient la pièce dans laquelle elles devraient déboucher. Des rires, des slogans, des provocations s’entremêlaient. Des voix de jeunes hommes, que chaque rafale de kalachnikov mettait en joie. Ils s’encourageaient mutuellement pour être plus audacieux lors du tir suivant. Ils riaient insouciants, heureux de faire la révolution. Heureux d’être la Révolution ! 
     Hezzu fixa un petit miroir au canon de son fusil d’assaut AEK 971 et examina la pièce. Ils étaient quatre qui leur tournaient le dos, tout occupés à jouer avec leurs armes depuis l’embrasure de la fenêtre. Elle céda sa place en haut des marches à Sirem et Izza. Les deux Amazones bondirent côte à côte, lançant d’un même geste leur poignard dans le dos des deux premiers révolutionnaires. Ils s’écroulèrent brusquement, dans un faible cri de surprise, mourant sans savoir d’où venait la lame qui leur perçait la poitrine. Leurs deux compagnons n’avaient pas encore fini de se retourner pour faire face à l’agression que les deux jeunes femmes étaient déjà sur eux et leur broyaient le cou d’une torsion violente.
     L’escouade se regroupa avant de sortir du bâtiment. Elle devrait se faufiler de maison en maison pour rejoindre le port avant que la nuit envahisse complètement Tripoli.

[1] Complexe de 6 km² incorporant le palais présidentiel, une caserne et l’académie militaire féminine destinée aux Amazones. Il tomba aux mains des révolutionnaires le 23 août 2011. Kadhafi mourut le 20 octobre 2011 dans les environs de Syrte.
[2] Les Amazones, environ 400, étaient des « religieuses révolutionnaires » s'inspirant ouvertement du modèle des nonnes chrétiennes. Elles étaient présentées comme des soldats d’élite assurant la garde rapprochée de Kadhafi.  Souvent arrachées à leur famille, nombre d’entre elles étaient en réalité les exclaves sexuelles des dignitaires du régime.

 

Extrait 2

Jeudi 19 septembre 2019

 11h38 - Chénelette (Rhône) – 325 habitants – France
     Une petite pluie serrée arrosait le village, pas encore froide comme elle le serait quelques mois plus tard, juste avant la neige mais sans la chaleur des averses d’été.
     Comme tous les jours d’école, Jean avait arrêté son tracteur au milieu de la chaussée, à quelques mètres des grilles de l’école. Un moyen comme un autre d’obliger un éventuel automobiliste à ralentir pour le contourner.
     Il hisserait Juliette sa fille et sa petite copine Elena dans la cabine bleu maya du gros Ford. Il prendrait Elena sur ses genoux, c’était son tour, alors que Juliette se contenterait de l’aile droite. Elles seraient trop contentes de rentrer à la Sapaly, leur hameau, en riant de bon cœur à chaque cahot, et ils étaient nombreux.
     Il fit un coucou de la main à Béatrice, sa sœur, et à une autre maman, avant de s’avancer pour accueillir les fillettes. Madame Cinquin, l’institutrice de la Maternelle/CP, souriait devant tous ces gamins qui se précipitaient vers leurs parents.

     Brusquement tout se figea.
     Il y eut un bruit terrifiant.
     Du verre, des morceaux de tôle, des billes d’acier, des clous volèrent dans toutes les directions.
     Il y eut le silence.
    Quelques microsecondes de silence.
    Avant que les hurlements, les gémissements, les pleurs explosent, exhalant la peur.

     Il y eut le sang.
     Le sang qui jaillissait bouillonnant de corps qui se vidaient de leur vie.
     Le sang qui habillait maintenant des corps sans vie gisant sur la chaussée.

 

''Bluet Blues'' en photos

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