Le télésiège de la mort

Le télésiège de la mort - Roman - disponible à l'automne 2025

« Vous êtes soit stupide, soit machiavélique, soit victime d’une machination, s’exclame l’inspectrice. Rendez-vous compte ! Venir de votre propre initiative fournir toutes les réponses concernant le mode opératoire de ce meurtre  ! Qui peut le concevoir ? Je ne crois pas que le juge d’instruction entende grand-chose à votre mélange du réel et de l’imaginaire, du “JE” qui n’est pas vous, mais l’héroïne d’un roman ».

 

Disponible : automne 2025

 

 

Extraits

Extrait 1

Sylvie se tait longuement, elle cherche ses mots et hésite avant de reprendre.

  • Ce n’est pas facile à expliquer. Je crois, Capitaine, que nous avons tous des fantasmes, les psychanalystes affirment que c’est nécessaire. Patrick devait vivre les siens le plus intensément possible – un sourire triste ponctue sa phrase. Intimement, c’est l’expression qui convient, car voyez-vous – elle hésite à nouveau comme si elle renâclait à entrer dans un souvenir trop confidentiel. Vous savez, pendant très longtemps, nous avions une vie sexuelle très active et harmonieuse. Puis, petit à petit, il a souhaité y ajouter des accessoires, me demandant d’enfiler des tenues affriolantes, et ce n’était pas pour me déplaire. J’aimais m’exhiber devant lui avec de la lingerie érotique, j’avais repéré une boutique à Lyon très bien achalandée. Ensuite, c’est devenu plus complexe. Je devais porter des déguisements de soubrette, d’infirmière ou que sais-je. J’acceptais, mais avec plus en plus de réticence, car moi, je n’y trouvais plus mon compte. Il assouvissait ses fantasmes, mais il ne m’offrait plus aucun plaisir. Cela a dérapé quand il m’a demandé de jouer le rôle d’une Kapo en tenue de SS. J’ai refusé. Après, nous n’avons que rarement fait l’amour et je rejetais l’usage d’accessoires. Quelque chose s’était cassé entre nous, définitivement. Il me reprochait sans cesse mon manque d’imagination.

« Heureusement que je suis une femme ! se dit Delphine. Sylvie ne se serait sans doute pas confiée aussi facilement à un homme. »   

 

Extrait 2 

Sylvie s’impatiente. Pourquoi est-ce aussi long pour obtenir une réponse ? Son interlocutrice cherche-t-elle un prétexte valable ? Une manière de le formuler adéquate ? Ou simplement a-t-elle pris le temps de se préparer un whisky ?

« Un whisky ! Voilà ce qu’il me faut. »

Elle va se servir une mignonette au minibar de la chambre, verse le contenu dans un verre à dents.

« Cela ne fait pas beaucoup », remarque-t-elle avant de sortir un deuxième flacon.

« Heureusement, il y a des glaçons ».

Elle s’installe de nouveau devant son ordinateur. Toujours pas de réponse.

« Vingt-deux heures quarante-cinq ! Si dans cinq minutes, elle n’a pas réagi, je vais me coucher ! » 

Elle s’imagine avoir été piégée. Son interlocutrice, comme d’autres avant elle, a sans doute cherché à la blesser. D’ailleurs, est-ce une femme qui a expédié ces messages ? Ce peut être aussi bien un homme !

« C’est toujours agréable de se payer la tête de quelqu’un de connu, surtout une potentielle meurtrière, médite-t-elle. Pourtant, comment aurait-elle pu être au courant du séjour à Bordeaux de son mari et du Saint-Émilion ? » 

Malgré sa résolution, elle envoie un nouveau courriel.

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